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Wednesday, January 23, 2013

Histoire du Iaido - de Hayashizaki a Eishin.

Cet article fait suite au précédent relatif au fondateur Hayashizaki Jinsuke. Il couvre les Grands Maîtres de la deuxième à la sixième génération.
 
Tamiya Heibei Shigemasa (Narimasa), (fin des années 1500) 2ème génération

Vers la fin du 16ème siècle Tamiya Heibei naquit à Iwamarqatu, Joshu (de nos jours Gumma) dans la region du Kanto. Son nom complet était Tamiya Taira no Hyoe Narimasa et il le changea ultérieurement en Tsushima.

Après avoir étudié le Shinmei Muso To Ryu kenjutsu sous la direction de Toshimotsuke no Kami Moriharu, il devint le disciple de Hayashizaki Jinsuke. C'est grâce à ce dernier qu'il parvint à pénétrer l'essence et à acquérir la maîtrise du Shin Muso Hayashizaki Ryu : dégainer et couper dans la même action.


Les documents contemporains font état de son habilité quasi-divine en matière d'escrime, et que très probablement il faisait preuve des mêmes agilité et habilité que le fondateur du style.

Tamiya fonda le style Tamiya-Ryu de battojutsu. Les disciples qu'il forma ouvrirent un grand nombre d’écoles de Kenjutsu et battojutsu.

Nagano Muraku Nyodo Kinrosai, 3ème génération

Nagano Muraku Kinrosai fut le 3ème héritier du Hayashizaki Shinmei Muso Ryu. Il était également un disciple direct de Tamiya Hebei Shigemasa. De sa jeunesse on ne sait pratiquement rien, sinon que durant son enfance on l'appelait Jurozaemon.

Sa famille était apparentée à celle de Shinano no Kami, le samurai du chateau de Minowa à Joshu (de nos jours la Préfecture de Gumma). Au service de la famille Shinano, il monta jusqu'au rang de général . En 1542 le Clan Shinano tomba assiégé par les forces de Takeda Shingen  au cours d'une guerre qui dura 4 ans. Suite au démantèlement du clan Shinano par Takeda, Muraku partit à l'aventure pour améliorer son escrime, et trouver un employeur.
Le masque de Takeda Shingen


Il fut finalement recruté par Naomasa Ii, daimyo de Hikone (dans la préfecture de Shiga). Au service de Naomasa Ii, il recevait un salaire de 500 koku de riz par an. Des rumeurs circulent selon lesquelles Muraku se serait rendu dans les provinces du Nord, où aurait rencontré Hayashizaki Jinsuke, avec qui il aurait étudié l'escrime. Il aurait donc dans un premier temps pratiqué sous Hayashizaki. Il semble cependant plus probable qu'il ait principalement été formé à l’école de son senior, Tamiya Heibei Shigemasa. Il serait décédé à Hikone, à l'age de 90 ans. Bien que son habilité fut grande, il ne confia à aucun individu en particulier la tache de transmettre le style de Hayashizaki Jinsuke. Au contraire, et conformément aux usage d'alors, il partagea le fruit de sa vaste expérience avec plusieurs de ses disciples. Ceux-ci à leur tour créèrent leur propres lignées de transmission. Plusieurs de ces écoles fleurissent encore de nos jours.

Les lignées de Nagano Muraku se séparèrent en de multiples directions. Il enseignait le Muraku Ryu - style propre à sa famille ainsi que le Shin Muso Hayashizaki Ryu de Hayashizaki Jinsuke. Kamiizumi Magojiro Yoshitane transmit la tradition du Muraku Ryu. C'est cette branche qui hérita officiellement du Muraku Ryu et le transmit jusqu'au présent Soke. A la fin du 20ème siècle, le Muraku Ryu était dirigée par Sasamori Junzo (1886-1976), ancien membre de la Chambre des Pairs, (La Chambre haute du Parlement Japonais). Entre autres faits remarquables, celui-ci devint le Soke du Muraku Ryu, du Shin Muso Hayashizaki Ryu, du Ono-Ha Itto-Ryu et du Chokugen-Ryu de naginata-jutsu. Sasamori Junzo était un ardent pacifiste et il consacra sa vie à essayer de donner à l'art de l'escrime un rôle éducatif et de développement spirituel de l'individu. Il transmit le lignage des ces 4 koryu à son fils Sasamori Takemi.







Momo Gunbei no Jo Mitsushige, 4ème génération

Momo Gunbei Mitsushige fut le dernier disciple de Nagano Muraku Nyudo Kinrosai à recevoir complète transmission de son art. On ne sait pas grand'chose de sa vie si ce n'est qu'il transmit l'enseignement du Shin Muso Hayashizaki Ryu à la génération suivante.

Arikawa Shozaemon Munetsugu, 5ème génération

Arikawa était vassal de Toyotomi Hideyoshi (1536-1598). Et c'est à peu près tout ce qu'on sait de lui. Il apparaît pour la première fois dans les archives du 9ème Grand'Maître de la lignée de Hayashizaki.

Banno Danemon no Jo Nobusada, 6ème génération

Banno Danemon enseigna la méthode d'escrime de Hayashizaki à Edo, de nos jours Tokyo. Il est souvent considéré comme ayant eu la plus grande influence sur les Grand'Maîtres qui lui succédèrent. C'est à cette époque que les développements les plus importants du Iai se produisirent au Japon. L’introduction au Japon des armes à feu par les Portugais, avec coïncidant avec la fin du Sengoku Jidai - époque des Provinces Combattantes - amenèrent un changement significatif de l'architecture des sabres. Le gouvernement Tokugawa en légiféra la longueur et l'usage. Leurs lames furent raccourcies, et la courbure importante des Tachi fut diminuée.





Alors que la forme des armes continuait d’évoluer, la manière de les porter et de les utiliser évoluèrent également. Le sabre était à présent ceint au travers de l'obi (ceinture) avec son tranchant vers le haut. Ceci imposait de dégainer différemment.


Les adaptations nécessaires furent le fait de Hasegawa Chikaranosuke Hidenobu (Eishin), Grand Maître de la 7ème génération - dont nous parlerons dans un prochain article.




Tuesday, February 14, 2012

Pratique du Zen



La pratique du Zen débuta en Inde il y a environ 25 siècles lorsque Sidhartha Gautama, également appelé le Bouddha, fit l’expérience de l’Éveil alors qu'il méditait sous un arbre. Dans notre pratique nous renouvelons la même expérience de notre nature et de celle l'univers dans sa totalité.

Cette pratique passa de l'Inde à la Chine, puis au Japon, avant de parvenir jusqu'à nos sociétés occidentales. En passant d'une civilisation à l'autre, les formes extérieures en furent modifiées pour les adapter à de nouveaux environnements. Mais le cœur de la discipline ne changea pas. Le Zen est essentiellement une pratique accessible à tout être humain sans distinction de sexe, de race, ou de religion.

Le Zen, c'est la pratique de la conscience pure. Ce n'est ni un exercice intellectuel destiné à bâtir une philosophie ou une théologie, ni une croyance en la validité d'une document écrit, ni le respect d'un code de bonne conduite, ni la recherche d'une catharsis émotionnelle, ni la mise en œuvre de bonnes actions.
Fondamentalement, le Zen, c'est être présent ici et maintenant, avec ce qui est ici et seulement avec ce qui est ici, juste comme c'est, sans rien y changer.

Dans le Zen nous prenons l’énergie physique et mentale que nous utilisons la plupart du temps pour créer et maintenir notre Ego, et nous la concentrons sur le moment présent tel qu'il est, sans essayer d'agir en aucune façon sur ce qui se passe.

La technique de choix pour parvenir à cette concentration est la Méditation (Zazen)


Lire des livres sur la Méditation ou le Zen n'est pas forcément inutile, mais la lecture, ou toute autre activité intellectuelle sont d'une importance secondaire par rapport à la pratique elle-même. Par cette pratique nous tâchons dans un premier temps de générer des instants de conscience directe, d'un courte durée, et puis, petit à petit, nous nous efforçons, calmement, de les faire durer un peu plus longtemps à chaque fois, dans le but de parvenir à les faire perdurer dans tous les instants de notre vie. 
 
Comme nous sommes des créatures sociales, la combinaison de pratiques individuelle et de groupe est recommandée. La pratique individuelle développe l’aptitude effective à devenir conscient et la pratique en groupe renforce notre motivation tout en nous donnant l'opportunité d'apprendre auprès des autres en posant des questions et recevant des réponses sur les sujets qui nous turlupinent. 
 
Cependant, en fin de compte, il revient à chacun d'entre nous de définir une marche à suivre personnelle dans notre quête et de la maintenir par notre pratique.


Friday, January 6, 2012

Katsuoh Yamamoto, Grand Maitre du Karate Yoshukai


Katsuoh Yamamoto, 10eme Dan et Fondateur du Karaté Yoshukai, se présente ainsi sur le site officiel du Yoshukai


            Jamais je n'aurais pensé que je me lancerais un jour dans les Arts Martiaux. Lorsque j’étais jeune, un jour je me pris une raclée dans une bagarre entre gamins. Cet incident m'ouvrit les yeux. De ce jour-là, je n'eus plus qu'un désir : Devenir Fort ! J'y pensais jour et nuit.

         Sans but bien défini dans ma vie, je m'engageais un jour dans les forces armées Japonaises. C'est à partir de là que je commençais à m'engager très sérieusement sur la voie du Karaté.

         Les Arts Martiaux devinrent part intégrante de ma vie.

        J'avais commencé la pratique du Karaté à l'age de 13 ans, avec le style Chito Ryu du Docteur Tsuyoshi Chitose (1) à Kumamoto (2)

    En 1963, je fondais le (Dojo) Yoshukai de Kitakyushu City (3). Bien que propriétaire de mon Dojo, celui ci n’étant pas bien grand, ma situation financière était plutôt tendue. Malgré tout, je me consacrais à une pratique intense. Je rêvais de parvenir à utiliser le Karaté pour réaliser quelquechose que personne encore n'aurait fait. Le Karaté Full Contact fut l'une des avenues que je choisis d'emprunter pour y parvenir. A cause de ce choix, je fus souvent incompris et beaucoup critiqué.

        En fait toutes ces difficultés me motivèrent et renforcèrent ma volonté de continuer dans la direction que j'avais choisie.

"Jamais je n'abandonnerai". Cet état d'esprit me permit de repousser les limites de ce qu'on croyait humainement possible.


Notes :

(1) Le Dr Tsuyoshi Chitose est l'un des 7 Maîtres de Karaté qui importèrent le Karaté d'Okinawa au Japon. (avec Gichin Funakoshi, Choki Motobu, Toyama Kanken, Kenwa Mabuni, Chojun Miyagi et Chotoku Kyan). Dr Chitose étudia Karaté et Kobudo avec de nombreux Maîtres d'Okinawa, où il eut pour maître d’école le célèbre Gichin Funakoshi, fondateur du Karaté Shotokan.

(2) & (3) Kumamoto et Kitakyushu City sont deux villes de Kyushu, la plus au Sud des 4 grandes îles qui forment le Japon. Okinawa, berceau du Karaté, fait partie d'un archipel d’îles (Ryu Kyu, Lew Chew ou Loo Choo) situées entre Kyushu et Formose.