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Tuesday, June 11, 2013

SHIN JIN MEI : une Excellente traduction.

A ma connaissance la meilleure traduction du Shin Jin Mei de Maitre Sosan

Hsin Hsin Ming - SHIN JIN MEI

La Voie n’est pas difficile pour ceux qui sont sans attente. Quand les sentiments d’amour et de haine sont absents, tout devient clair et limpide. Dès qu’il se crée dans l’esprit, ne serait-ce qu’un semblant de jugement, une distance infinie sépare le ciel de la terre. Si nous souhaitons voir la vérité, n’entretenons pas le jugement. S’établir dans un combat du vrai contre le faux aboutit inévitablement à l’affection de l’esprit. Aussi longtemps que le sens profond des choses n’est pas compris, vouloir pacifier son esprit est chose vaine.

La Voie est aussi parfaite que le cosmos, sans superflu ni carence. C’est notre volonté intransigeante de suivre nos propres penchants qui nous empêche de voir la vraie nature des choses. En mourant à soi-même, par l’oubli de soi-même, nous trouverons la sérénité et la paix de l’unité . Si nous voulons arrêter toutes activités pour réaliser la tranquillité, tous nos efforts produiront de l’agitation. Tant que nous sommes

Hors de la Voie, les mérites contenus dans l’activité, la passivité, l’approbation et le déni sont perdus. Nier la réalité, c’est s’y embourber, courir après la vacuité c’est s’en éloigner. Plus nous l’analysons et plus nous discourons à son sujet, plus nous nous éloignons de la vérité Tout est simple si nous arrêtons de discourir sur tout et d’analyser tout. Retourner à la racine, c’est s’accorder avec le sens, courir après les civilités, c’est perdre l’Origine. Si nous parvenons à l’illumination, même un instant alors civilité et vacuité sont transcendées. Par notre ignorance, les phénomènes qui nous semblent provenir du monde de la vacuité nous paraissent réels. Il est inutile de rechercher le vrai, contentons-nous seulement de ne pas avoir de préjugés.

N’entretenons pas la dualité en cultivant nos préjugés. Si en nous demeure, ne serait-ce qu’une infime notion de juste et de faux, de bien et de mal, alors notre esprit s’enlise dans la confusion. A l’origine de la dualité il y a l’UN et pourtant il faudra ne pas nous y attacher. Dans la Voie, quand l’esprit demeure dans la tranquillité, les dix milles dharmas inoffensifs ne nous touchent plus et alors le changement se produit.

Quand vient le temps de la pensée NON_DISCRIMINANTE, le vieil esprit meurt. L’objet et le sujet disparaissent conjointement. Lorsque l’esprit s’efface, les objets s’effacent aussi. Il y a objet parce qu’il y a sujet ou esprit. L’esprit devient sujet parce qu’il y a l’objet . Si nous voulons comprendre la relativité du sujet et de l’objet, nous devons convenir que les deux sont vacuité. Dans la vacuité les deux sont sans caractéristique propre et contiennent chacun le monde dans sa totalité. En ne faisant pas de différence entre le grossier et le subtil, nous évitons l’aveuglement et le sectarisme.

Cheminer dans la Voie véritable, n’est ni facile, ni difficile. Mais ceux qui ont un esprit bien arrêté sont contaminés par la crainte et le doute. Croyant être en mesure de brûler les étapes, finalement ils finissent par se traîner. L’attachement ne connaît aucune mesure. S’attacher à l’illumination, c’est aussi s’égarer. Laissons les choses advenir et les agitations cesseront d’elles-mêmes.Conformons-nous à la nature des choses , dans ces conditions nous cheminerons tranquille et libre. Quand l’esprit est sous influence, la vérité est bafouée par l’obscurantisme. La fâcheuse tendance à devoir porter un jugement sur tout entraîne ennui et lassitude. Quels avantages tirons-nous en établissant des catégories ?

Si nous désirons cheminer sur la voie de la NON_DUALITE, il n’y aucune raison de détester le monde des sens , ni le monde de l’esprit. Les accepter véritablement peut se comparer à l’illumination. L’homme de sagesse ne poursuit aucun but, alors que l’idiot s’enchaîne lui-même. Il y a un seul Dharma, pas plusieurs. Les qualificatifs naissent du besoin d’attachement des ignorants. Chercher l’esprit avec un esprit purement analytique, n’est-ce pas là une erreur grossière ?

L’illusion produit autant la tranquillité que la confusion. Prenons-en conscience sans penser à bien ou à mal. Toutes dualités résultent de déductions faites sous l’influence de l’ignorance. Elles sont semblables à des rêves, à des spectres et à des fleurs de vacuité. Pourquoi devrions-nous nous escrimer à vouloir les saisir ? Gain et perte, vrai et faux, de telles considérations doivent être abandonnées. Si nos yeux ne dorment pas, naturellement les rêves se dissipent. Si l’esprit ne crée pas la différence alors les dix mille choses sont ce qu’elles sont : Absolu, Unité. Comprendre cela, c’est se libérer de tout imbroglio. Quand toutes les choses sont vues avec équanimité, nous retournons à ce que nous avons toujours été. Comparaison et analogie ne sont plus de mise dans cet état sans cause ni effet. Examiner le mouvement dans l’immobilité, et l’immobilité dans le mouvement, alors mouvement et immobilité disparaissent. Quand de telles dualités cessent d’exister, l’Unité ne peut exister. Finalement, cela n’est régi par aucune loi ni par aucune règle.

L’esprit pacifié en accord avec la Voie arrête tout mouvement égocentrique. Le doute et les hésitations s’arrêtent et apparaît la confiance juste . D’un seul coup, nous voilà libérés du joug de l’esclavage ; plus rien ne s’attache à nous et nous ne sommes attachés à rien. Tout est vacuité, clarté, s’illuminant tout naturellement sans user de la puissance de l’esprit. A ce stade-là, pensées, sentiments, connaissance et imagination n’ont plus aucune valeur. Dans l’Ainsité, il n’y a plus de moi, il n’ y a plus de toi.

Pour entrer en harmonie avec cette réalité, il suffit de dire, lorsque survient le doute : " NON_DEUX ". Dans ce " NON_DEUX " rien n’est séparé, rien n’est exclu. Peu importe le moment ou le lieu, l’illumination veut dire que l’on a eu accès à cette vérité qui n’augmente ni ne diminue dans le temps et l’espace, si bien qu’une simple pensée équivaut à dix mille ans.

Vacuité ici, vacuité là-bas, qu’importe, l’univers infini est là devant nos yeux, à la fois infiniment grand et infiniment petit, aucune divergence, car toutes définitions sont caduques, il n’y a plus de limites. L’être devient NON_ETRE, comme le NON_ETRE devient être. Ne gaspillons pas notre temps dans le doute et dans des raisonnements sans fondement.

L’unité contient toutes choses, toutes choses en elles-mêmes sont UNITE. Si c’est ainsi, pourquoi se soucier de la NON_PERFECTION. Vivre dans la foi est la voie de la NON_DUALITE, parce que la NON_DUALITE est un avec l’esprit confiant. Paroles ! La Voie est au-delà du verbe, car elle ne contient ni passé, ni présent, ni futur.





 
 



Sunday, March 31, 2013

Le Secret du Kendo



Un jour, un jeune samouraï très fier vint voir un grand Maître de Kendo et lui demanda : "Quel est le secret de votre art?"




Le Maître prit calmement son bâton, le fit tournoyer et en asséna un grand coup sur le jeune homme ! 



Ce dernier eut sûrement le satori !

 D'apres "Zen at Arts Martiaux de Taisen Desshimaru

Tuesday, February 14, 2012

Pratique du Zen



La pratique du Zen débuta en Inde il y a environ 25 siècles lorsque Sidhartha Gautama, également appelé le Bouddha, fit l’expérience de l’Éveil alors qu'il méditait sous un arbre. Dans notre pratique nous renouvelons la même expérience de notre nature et de celle l'univers dans sa totalité.

Cette pratique passa de l'Inde à la Chine, puis au Japon, avant de parvenir jusqu'à nos sociétés occidentales. En passant d'une civilisation à l'autre, les formes extérieures en furent modifiées pour les adapter à de nouveaux environnements. Mais le cœur de la discipline ne changea pas. Le Zen est essentiellement une pratique accessible à tout être humain sans distinction de sexe, de race, ou de religion.

Le Zen, c'est la pratique de la conscience pure. Ce n'est ni un exercice intellectuel destiné à bâtir une philosophie ou une théologie, ni une croyance en la validité d'une document écrit, ni le respect d'un code de bonne conduite, ni la recherche d'une catharsis émotionnelle, ni la mise en œuvre de bonnes actions.
Fondamentalement, le Zen, c'est être présent ici et maintenant, avec ce qui est ici et seulement avec ce qui est ici, juste comme c'est, sans rien y changer.

Dans le Zen nous prenons l’énergie physique et mentale que nous utilisons la plupart du temps pour créer et maintenir notre Ego, et nous la concentrons sur le moment présent tel qu'il est, sans essayer d'agir en aucune façon sur ce qui se passe.

La technique de choix pour parvenir à cette concentration est la Méditation (Zazen)


Lire des livres sur la Méditation ou le Zen n'est pas forcément inutile, mais la lecture, ou toute autre activité intellectuelle sont d'une importance secondaire par rapport à la pratique elle-même. Par cette pratique nous tâchons dans un premier temps de générer des instants de conscience directe, d'un courte durée, et puis, petit à petit, nous nous efforçons, calmement, de les faire durer un peu plus longtemps à chaque fois, dans le but de parvenir à les faire perdurer dans tous les instants de notre vie. 
 
Comme nous sommes des créatures sociales, la combinaison de pratiques individuelle et de groupe est recommandée. La pratique individuelle développe l’aptitude effective à devenir conscient et la pratique en groupe renforce notre motivation tout en nous donnant l'opportunité d'apprendre auprès des autres en posant des questions et recevant des réponses sur les sujets qui nous turlupinent. 
 
Cependant, en fin de compte, il revient à chacun d'entre nous de définir une marche à suivre personnelle dans notre quête et de la maintenir par notre pratique.


Sunday, February 12, 2012

Extraits du Gyogo Ryakki de Maitre Bankei - III


The document manquant.


         Un jour que le Maitre était à Shinyashiki * à Aboshi, il eut besoin d'un document et ne parvint pas à lui mettre la main dessus. Ses Pages le cherchèrent partout, sans y parvenir non plus. Bien plus tard, ils le découvrirent. Lorsque ceci se produisit, le maitre leur passa une chasse, disant : « Si vous aviez des le début décidé que vous alliez le trouver, quitte à démolir la maison pour cela, alors vous l'auriez trouvé rapidement. Mais comme vous ne vous y êtes mis qu'a moitié vous avez été incapable de le localiser. En fait, ce document n'a pas grande signification intrinsèquement, Mais la raison pour laquelle je vous l'ai fait rechercher est de vous faire cultiver en vous-même une attitude résolue qui vous accompagne pour toute votre vie. Avec une attitude de tout faire à moitie, vous ne deviendrez jamais la moitié d'un homme !»

Une autre fois alors que le Maitre séjournait à Oshiken,** et qu'il se préparait à calligraphier un Nom Bouddhiste***, son Pinceau avait disparu. Ses Pages le recherchèrent partout mais ils furent incapables, une fois de plus, de le retrouver. Cette fois encore il leur passa une engueulade comme il l'avait précédemment fait. 





    * A Hamada
    ** Un Temple subalterne dans l’enceinte du Nyohoji.
    *** Le Nom Religieux donne à un disciple par un Prêtre Bouddhiste. Habituellement, le prêtre lui-même inscrit les caractères du nom. Des noms Bouddhistes sont souvent attribués aux membres du clergé ou aux laïques bouddhistes en certaines occasions particulières telles que l'ordination ou la prise de certains vœux.





Wednesday, February 8, 2012

Extraits du Gyogo Ryakki de Maitre Bankei - II

Reformer les Mauvais Sujets

Alors que le Maitre était en retraite au Temple de Jizoji, Sekimon Osho * du Temple de Ryomonji lui envoya Tenkyu ** pour s'occuper de lui et s’enquérir de sa sante. *** Lorsqu'il rencontra le maitre à la porte du Temple, Tenkyu lui transmit un message de Sekimon, lui disant : «  A Ryomonji, nous avons un certain nombre de novices qui renâclent à leurs taches, se comportent mal et dérangent toute l'ambiance du Temple. On s’était dit que s'ils pouvaient être envoyés ailleurs, au  Nyohoji peut-être, ou au  Korinji – cela pourrait aider à les rendre meilleurs, et je souhaitais demander l’opinion de votre Révérence à ce sujet.'

    Après que Tenkyu eut parle, le Maitre convoqua Shuin, Sokaku et moi-même, **** et, nous répétant le sens du message que Sekimon lui avait fait passer par  Tenkyu, il nous dit: 

    Ce que nous appelons un Temple Zen est construit précisément pour rassembler de mauvaises gens comme ceux ci, pour les convaincre par des contacts personnels, et en faire de bonnes personnes. Mais avec une telle attitude sans la moindre trace d'aucune compassion vous souhaitez vous débarrasser des emmerdeurs en les envoyant ailleurs foutre le bordel ! Et moi je vous demande :'Une personne comme celle-la est-elle digne d’être Abbé d'un Temple Zen?' Lorsque quelqu’un au cœur démuni de générosité ou  de compassion devient Abbé de mon Temple, c'est le commencement de la fin pour mon enseignement ! »

    Après cette sévère remontée de bretelles, chacun, que ce soit l’Abbé, les officiels du Temple ou les Aides officiels du Maitres  hésitaient à se plaindre au Maitre du comportement des moines.













*     Osho est un terme générique de respect parmi les moines bouddhistes. Similaire à « Révérend » mais pouvant avoir aussi le sens de Instructeur ou Abbé. Sekimon Somin (1642-1696), héritier du Dharma de Bankei, devint le 3eme Abbé de Ryomonji.
**     Tenkyu Shihaku (mort en 1722). Un disciple de Bankei.
***     Une lettre de cette période (1692) adressée à Bankei par la femme du Seigneur Kyogoku indique que Bankei souffrait alors des pieds, ce qui l’empêchait de pouvoir se tenir debout.
***     Itsuzan Sonin, qui compila ce recueil. Les autres sont les disciples de Bankei : Reigen Shuin (1653-1718) et Taikei Sokaku (mort en 1719). Ces trois-la, parfois appelés les 3 Jisha – (Aides) servirent de proches serviteurs à Bankei durant la fin de sa vie

Saturday, February 4, 2012

Extraits du Gyogo Ryakki de Maitre Bankei - I


Suspicion

Durant la Période de la Grande Pratique au Temple de Ryomonji, un incident se produisit, et de l'argent disparu dans le Hall de Fudo. * 


Un jour, alors que le Maitre montait sur sa chaire, un moine s’avança vers lui et lui dit : Je m'appelle Un-tel, je viens de telle et telle Province et suis un disciple de tel et tel temple. L'hiver dernier, alors que je pratiquais dans le Hall de Fudo, un moine assis à mes cotes perdit l'argent qu'il avait mis de cote pour ses voyages. Comme j’étais assis à cote de lui, il me suspecta d'avoir pris son argent. Cette rumeur s'est répandue dans tout le hall, et je demande à votre Révérence de bien vouloir faire un enquête à ce sujet. “

Le Maitre lui demanda : « As tu volé quoique ce soit ? »
Le Moine répondit : «Dans une assemblée religieuse telle que celle ci, une pensée aussi honteuse ne traverserait jamais mon esprit ! »
La Maitre dit : «alors, tout va bien.»
Le Moine dit : « Oui bien entendu, mais durant la tenue de cette présente assemblée, des moines venus de tout le Japon seront présents, et je suis inquiet du fait que s'il n'y a pas d’enquête (pour me disculper) cela me donnera une mauvaise réputation dans tous le Pays. J'implore la compréhension et compassion de votre Révérence.
Le Maitre dit : "S'il y a enquête, alors le coupable sera découvert et sa honte exposé au grand jour. Est-ce que cela est bien aussi ?"

Le moine alors déclara : "C'est moi qui ai fait preuve d'une honteuse attitude par mon égoïsme et mon arrogance dans une telle affaire, après avoir écouté votre merveilleux enseignement tous ces jours."

Et il se retira en pleurant des larmes de joie.



    * Fudo (En Sanskrit : Acala) est un Dieu Bouddhiste belliqueux - protecteur du Bouddhisme - particulièrement apprécié au Japon. Le Hall de Fudo du Temple de Ryomonji fut bâti en 1676.

Friday, January 20, 2012

L'esprit du KI


Voici un deuxième extrait d'un article écrit par le Maitre de Zen
Matsuoka Roshi. 
Matsuoka Roshi fut l'instructeur de Taiun Elliston Roshi, Abbé du Centre Soto Zen d'Atlanta, et fondateur de l'Ordre du Tonnerre Silencieux.

Les enseignements de Matsuoka Roshi ont été consignés dans deux livres (en Anglais) : "Mokurai" et "the Kyosaku". La partie qui suit est particulièrement consacrée à l'esprit du "KI" (CHI ou QI en Chinois). Matsuoka Roshi explique le Ki d'une manière pragmatique, intuitive et facile à comprendre..


     Dans la pratique des Arts Martiaux, l'esprit du Ki est très important : Si votre mental est imparfait ou obscurci, vous ne pourrez pas fonctionner à votre potentiel maximum. Par contre, si votre intellect, votre cœur ou votre esprit sont totalement purs, clairs et calmes, alors vos actions se produisent de manière spontanée avec une puissance illimitée. Si votre esprit est clair, votre adversaire devient incapable de prédire vos actions, si vous avez l'intention d'attaquer ou de vous défendre, ou quelle technique vous allez utiliser.

Pour illustrer cela, imaginez un Père assis à cote de son bébé. S'il le regarde dans les yeux, il n'y voit qu'un regard pur et clair. Il est parfaitement incapable de détecter dans le regard de son bébé que celui ci va, dans la seconde qui suit, le gifler de façon tout à fait imprévisible ! Et pourtant, c'est bien ce qui arrive : soudain, le bébé frappe son Père, d'une manière tout à fait inattendue. Son Père était simplement, au vu de sa face innocente, tout à fait incapable de prévoir que son enfant allait le frapper. L'esprit du bébé – comme son regard - est clair et pur. Un enfant de cet age n'a pas de projet en tête, et il ne pense pas à frapper son Père dans l’instant qui suit. Il frappe simplement, naturellement et spontanément lorsque ça lui prend !

Si votre esprit est aussi clair que celui d'un petit enfant, alors votre adversaire sera incapable de prévoir quelle technique vous allez employer. Votre action découlera harmonieusement de l'union de votre âme, de votre corps et de votre esprit. La pureté de votre Esprit déferra votre adversaire. Cette pureté de l'esprit est le résultat de la pratique du Zen.


     Je voudrais rajouter à ce que Matsuoka Roshi raconte le fruit de mes observations personnelles : Lorsque vous agissez de la même façon que le bébé, non seulement votre adversaire ne sait pas ce que vous allez faire, mais vous ne le savez pas non plus. Une fois que vous avez agit, vous ne savez pas forcément non plus ce que vous avez fait. En fait, vous n'avez réellement rien fait volontairement. Ce qui est arrivé est arrivé à travers vous, sans que vous n'en ayez eu l'intention. C'est ce qu'on appelle “Le Samadhi de l'action”.

   Ce serait une grosse erreur de s'imaginer que ce genre de choses se produisent naturellement et sans effort. Elles sont toujours le fruit d'une longue pratique, et d'un entrainement intensif.




Tuesday, January 3, 2012

Bankei sur l'Art du Yari - II



Poeme du Maitre de Zen Bankei : Instructions a l'intention du Samourai Gesso, en réponse à ses questions quant au maniement de la Lance

La Grande Fonction ne connait pas de limites
Répondant naturellement à chaque situation
On n'arrive jamais ni trop tôt ni trop tard
Piquer, trancher, avancer, battre en retraite
Tout se joue hors du royaume de la pensée
Si vous êtes en harmonie avec l'Esprit
Bras et jambes se meuvent naturellement



La Grande Fonction, décrite par de nombreux maitres de Zen, c'est la capacité a réagir naturellement et fluidement à chaque situation. Lors du combat, il importe de ne pas avoir à réfléchir à la marche à suivre, et de laisser le corps agir spontanément, non-soumis à la dictature d'un l'intellect qui ralentirait tout.


Cette Grande Fonction repose d'une part sur la sérénité, absence d’inquiétude devant l'issue du combat; et d'autre part sur la maitrise de la technique du combat. Ces deux qualités sont le fruit d'un entrainement intensif et assidu sur les plans spirituel, mental et physique.

Nous nous manifestons dans cet Univers sous la forme d'un corps physique, la seule facon que nous avons de progresser est d'utiliser celui-ci pour parvenir à l’état où la Grande Fonction se manifeste. Passé un certain point, l'intellect devient un boulet. Seule la pratique personnelle peut nous faire progresser. Le seul outil dont nous disposons est notre corps.


Le Maitre de Zen Japonais Bankei naquit en 1622, au début du shogunat Tokugawa. En cette période encore un peu mouvementée qui suivit la fameuse bataille de Sekigahara, de nombreux Samurai avaient encore recours à leur habilité militaire pour gagner leur vie, en tant que garde du corps, auxiliaires de polices, ou brigands...


Friday, December 30, 2011

Bankei sur l'Art du Yari



Le Maitre Zen Bankei Yotaku rédigea les instructions suivantes sur l'Art du Combat à l'intention de son disciple et bienfaiteur Kato Yasuoki, Daimyo du fief d'Ozu et lui meme un expert du combat au Yari - la lance Japonaise.


Dans ce texte, Bankei exprime l'importance de Mushin (Esprit Vide) lors du combat. Au milieu de la confrontation, on ne devrait laisser aucune idée s'élever, les actions ne devraient être déclenchées ni par des pensées ni par des émotions personnelles. Vous ne devez pas agir, mais laisser l'action se dérouler à travers vous. 
Dès que votre esprit se met en travers du flot de l'action, votre adversaire, s'il est habile, est capable de prévoir vos actions. 




Lorsque vous executez un mouvement, si vous agissez avec l'esprit-vide, l'action se déroule toute seule. Si votre Ki change, alors votre forme matérielle change avec lui. Lorsque vous vous laissez submerger par la force, vous vous laissez guider par votre “soi”. Avoir des idees préconcues entrave le déroulement naturel des choses. Lorsque vous agissez selon le fruit de vos reflexions, vous etes emprisonnés par vos pensées. Votre adversaire peut deviner la direction de votre Ki. Si vous essayez de calmer le jeu en vous forcant à etre calme, alors votre Ki devient diffus, et vous courrez le risque de devenir inattentif. Lorsque vous agissez de facon délibérée, votre intuition est enrayée, et si votre intuition est bloquée, comment l'esprit miroir pourrait-il se manifester ?




Lorsque vous laissez se manifester le Non-né, sans pensée, et sans action délibérée, alors vous n'êtes plus prisonnier d'un type d'action pré-établie. Lorsque vous agissez sans forme pré-établie, vous n'avez plus aucun adversaire sur tout le terrain, Lorsque vous ne vous raccrochez à rien, lorsque vous ne comptez sur rien pour vous protéger, il n'y a plus ni “Vous” ni “Ennemi”. Quoiqu'il arrive, vous réagissez simplement, sans laisser aucun sillage derrière vous. Le ciel et la terre sont grands, mais hors de l'esprit il n'est rien a chercher. Par contre, si vous tombez dans la délusion, alors la, c'est l'esprit qui devient votre adversaire. Hors de l'esprit, il n'est pas d'art du combat.



Traduit du livre en Anglais : Bankei Zen: Translations from the Record of Bankei




Bankei Yōtaku (盤珪永琢, 1622-1693), fils d'un Samurai Ronin devenu Docteur, était trés populaire et avait une grande audience. Il expliquait les choses directement, sans faire appel aux Sutras, Koans et rituels.

S'adressant à de grandes assemblées de moines et de laics de la même manière, il leur parlait de ce qu'il avait lui meme découvert à travers sa pratique personelle: "le Non-Né" ou "l'Esprit inné du Buddha".

Parce qu'il l'exprimait dans un langage simple, clair et direct que tout le monde pouvait comprendre, le Zen de Maitre Bankei est relativement simple et d'une clarté rafraichissante. Nul besoin d'être érudit, de vivre dans un monastere ou même d'être Bouddhiste pour effectivement être capable de le pratiquer.

Friday, December 2, 2011

ZEN-KEN-SHO

 
Ōmori Sōgen Roshi (1904 -1994) etait un Maitre Japonais de Zen,  dans la lignee Tenryū-ji de l'ecole Rinzai, Shodo (Calligraphie) de l'ecole Taishi fondee par un autre fameux maitre de Zen et Kendo : Yamaoka Tesshū et Kendo de l'ecole Kashima Shinden Jikishinkage-ryū.

Omori Sogen Roshi enseignait une approche unique de la pratique du Zen qui alliait certains aspects de la pratqie des Arts Martiaux et des Beaux Arts a une pratque traidtionnelle du Zen. Cette methode a parfois appelee ZEN-KEN-SHO a ete decrite comme une unite du Zen, Ken (Sabre) et Sho (Pinceau). Cette unique approche est decrite dans le livre en Anglais “Omori Sogen – the Art of a Zen Master” de Hosokawa Dogen.

Cette remarquable video est tiree d'un documentaire filme en 1977 par la BBC intitule "The Long Search - Land of the disappearing Buddha with Ronald Eyre". (La longue Quete - Au pays du Bouddha qui disparait avec Ronald Eyre).  Cette partie avec Omori Sogen Roshi a ete filmee au Dojo de Koho-in a Tokyo.



Omori Sogen Roshi est l'auteur de plus de 20 livres en langue Japonaise. L'excellent “Zen Training” a ete traduit en Anglais par Trevor Leggett.