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Sunday, February 12, 2012

Extraits du Gyogo Ryakki de Maitre Bankei - III


The document manquant.


         Un jour que le Maitre était à Shinyashiki * à Aboshi, il eut besoin d'un document et ne parvint pas à lui mettre la main dessus. Ses Pages le cherchèrent partout, sans y parvenir non plus. Bien plus tard, ils le découvrirent. Lorsque ceci se produisit, le maitre leur passa une chasse, disant : « Si vous aviez des le début décidé que vous alliez le trouver, quitte à démolir la maison pour cela, alors vous l'auriez trouvé rapidement. Mais comme vous ne vous y êtes mis qu'a moitié vous avez été incapable de le localiser. En fait, ce document n'a pas grande signification intrinsèquement, Mais la raison pour laquelle je vous l'ai fait rechercher est de vous faire cultiver en vous-même une attitude résolue qui vous accompagne pour toute votre vie. Avec une attitude de tout faire à moitie, vous ne deviendrez jamais la moitié d'un homme !»

Une autre fois alors que le Maitre séjournait à Oshiken,** et qu'il se préparait à calligraphier un Nom Bouddhiste***, son Pinceau avait disparu. Ses Pages le recherchèrent partout mais ils furent incapables, une fois de plus, de le retrouver. Cette fois encore il leur passa une engueulade comme il l'avait précédemment fait. 





    * A Hamada
    ** Un Temple subalterne dans l’enceinte du Nyohoji.
    *** Le Nom Religieux donne à un disciple par un Prêtre Bouddhiste. Habituellement, le prêtre lui-même inscrit les caractères du nom. Des noms Bouddhistes sont souvent attribués aux membres du clergé ou aux laïques bouddhistes en certaines occasions particulières telles que l'ordination ou la prise de certains vœux.





Wednesday, February 8, 2012

Extraits du Gyogo Ryakki de Maitre Bankei - II

Reformer les Mauvais Sujets

Alors que le Maitre était en retraite au Temple de Jizoji, Sekimon Osho * du Temple de Ryomonji lui envoya Tenkyu ** pour s'occuper de lui et s’enquérir de sa sante. *** Lorsqu'il rencontra le maitre à la porte du Temple, Tenkyu lui transmit un message de Sekimon, lui disant : «  A Ryomonji, nous avons un certain nombre de novices qui renâclent à leurs taches, se comportent mal et dérangent toute l'ambiance du Temple. On s’était dit que s'ils pouvaient être envoyés ailleurs, au  Nyohoji peut-être, ou au  Korinji – cela pourrait aider à les rendre meilleurs, et je souhaitais demander l’opinion de votre Révérence à ce sujet.'

    Après que Tenkyu eut parle, le Maitre convoqua Shuin, Sokaku et moi-même, **** et, nous répétant le sens du message que Sekimon lui avait fait passer par  Tenkyu, il nous dit: 

    Ce que nous appelons un Temple Zen est construit précisément pour rassembler de mauvaises gens comme ceux ci, pour les convaincre par des contacts personnels, et en faire de bonnes personnes. Mais avec une telle attitude sans la moindre trace d'aucune compassion vous souhaitez vous débarrasser des emmerdeurs en les envoyant ailleurs foutre le bordel ! Et moi je vous demande :'Une personne comme celle-la est-elle digne d’être Abbé d'un Temple Zen?' Lorsque quelqu’un au cœur démuni de générosité ou  de compassion devient Abbé de mon Temple, c'est le commencement de la fin pour mon enseignement ! »

    Après cette sévère remontée de bretelles, chacun, que ce soit l’Abbé, les officiels du Temple ou les Aides officiels du Maitres  hésitaient à se plaindre au Maitre du comportement des moines.













*     Osho est un terme générique de respect parmi les moines bouddhistes. Similaire à « Révérend » mais pouvant avoir aussi le sens de Instructeur ou Abbé. Sekimon Somin (1642-1696), héritier du Dharma de Bankei, devint le 3eme Abbé de Ryomonji.
**     Tenkyu Shihaku (mort en 1722). Un disciple de Bankei.
***     Une lettre de cette période (1692) adressée à Bankei par la femme du Seigneur Kyogoku indique que Bankei souffrait alors des pieds, ce qui l’empêchait de pouvoir se tenir debout.
***     Itsuzan Sonin, qui compila ce recueil. Les autres sont les disciples de Bankei : Reigen Shuin (1653-1718) et Taikei Sokaku (mort en 1719). Ces trois-la, parfois appelés les 3 Jisha – (Aides) servirent de proches serviteurs à Bankei durant la fin de sa vie

Saturday, February 4, 2012

Extraits du Gyogo Ryakki de Maitre Bankei - I


Suspicion

Durant la Période de la Grande Pratique au Temple de Ryomonji, un incident se produisit, et de l'argent disparu dans le Hall de Fudo. * 


Un jour, alors que le Maitre montait sur sa chaire, un moine s’avança vers lui et lui dit : Je m'appelle Un-tel, je viens de telle et telle Province et suis un disciple de tel et tel temple. L'hiver dernier, alors que je pratiquais dans le Hall de Fudo, un moine assis à mes cotes perdit l'argent qu'il avait mis de cote pour ses voyages. Comme j’étais assis à cote de lui, il me suspecta d'avoir pris son argent. Cette rumeur s'est répandue dans tout le hall, et je demande à votre Révérence de bien vouloir faire un enquête à ce sujet. “

Le Maitre lui demanda : « As tu volé quoique ce soit ? »
Le Moine répondit : «Dans une assemblée religieuse telle que celle ci, une pensée aussi honteuse ne traverserait jamais mon esprit ! »
La Maitre dit : «alors, tout va bien.»
Le Moine dit : « Oui bien entendu, mais durant la tenue de cette présente assemblée, des moines venus de tout le Japon seront présents, et je suis inquiet du fait que s'il n'y a pas d’enquête (pour me disculper) cela me donnera une mauvaise réputation dans tous le Pays. J'implore la compréhension et compassion de votre Révérence.
Le Maitre dit : "S'il y a enquête, alors le coupable sera découvert et sa honte exposé au grand jour. Est-ce que cela est bien aussi ?"

Le moine alors déclara : "C'est moi qui ai fait preuve d'une honteuse attitude par mon égoïsme et mon arrogance dans une telle affaire, après avoir écouté votre merveilleux enseignement tous ces jours."

Et il se retira en pleurant des larmes de joie.



    * Fudo (En Sanskrit : Acala) est un Dieu Bouddhiste belliqueux - protecteur du Bouddhisme - particulièrement apprécié au Japon. Le Hall de Fudo du Temple de Ryomonji fut bâti en 1676.

Tuesday, January 3, 2012

Bankei sur l'Art du Yari - II



Poeme du Maitre de Zen Bankei : Instructions a l'intention du Samourai Gesso, en réponse à ses questions quant au maniement de la Lance

La Grande Fonction ne connait pas de limites
Répondant naturellement à chaque situation
On n'arrive jamais ni trop tôt ni trop tard
Piquer, trancher, avancer, battre en retraite
Tout se joue hors du royaume de la pensée
Si vous êtes en harmonie avec l'Esprit
Bras et jambes se meuvent naturellement



La Grande Fonction, décrite par de nombreux maitres de Zen, c'est la capacité a réagir naturellement et fluidement à chaque situation. Lors du combat, il importe de ne pas avoir à réfléchir à la marche à suivre, et de laisser le corps agir spontanément, non-soumis à la dictature d'un l'intellect qui ralentirait tout.


Cette Grande Fonction repose d'une part sur la sérénité, absence d’inquiétude devant l'issue du combat; et d'autre part sur la maitrise de la technique du combat. Ces deux qualités sont le fruit d'un entrainement intensif et assidu sur les plans spirituel, mental et physique.

Nous nous manifestons dans cet Univers sous la forme d'un corps physique, la seule facon que nous avons de progresser est d'utiliser celui-ci pour parvenir à l’état où la Grande Fonction se manifeste. Passé un certain point, l'intellect devient un boulet. Seule la pratique personnelle peut nous faire progresser. Le seul outil dont nous disposons est notre corps.


Le Maitre de Zen Japonais Bankei naquit en 1622, au début du shogunat Tokugawa. En cette période encore un peu mouvementée qui suivit la fameuse bataille de Sekigahara, de nombreux Samurai avaient encore recours à leur habilité militaire pour gagner leur vie, en tant que garde du corps, auxiliaires de polices, ou brigands...


Friday, December 30, 2011

Bankei sur l'Art du Yari



Le Maitre Zen Bankei Yotaku rédigea les instructions suivantes sur l'Art du Combat à l'intention de son disciple et bienfaiteur Kato Yasuoki, Daimyo du fief d'Ozu et lui meme un expert du combat au Yari - la lance Japonaise.


Dans ce texte, Bankei exprime l'importance de Mushin (Esprit Vide) lors du combat. Au milieu de la confrontation, on ne devrait laisser aucune idée s'élever, les actions ne devraient être déclenchées ni par des pensées ni par des émotions personnelles. Vous ne devez pas agir, mais laisser l'action se dérouler à travers vous. 
Dès que votre esprit se met en travers du flot de l'action, votre adversaire, s'il est habile, est capable de prévoir vos actions. 




Lorsque vous executez un mouvement, si vous agissez avec l'esprit-vide, l'action se déroule toute seule. Si votre Ki change, alors votre forme matérielle change avec lui. Lorsque vous vous laissez submerger par la force, vous vous laissez guider par votre “soi”. Avoir des idees préconcues entrave le déroulement naturel des choses. Lorsque vous agissez selon le fruit de vos reflexions, vous etes emprisonnés par vos pensées. Votre adversaire peut deviner la direction de votre Ki. Si vous essayez de calmer le jeu en vous forcant à etre calme, alors votre Ki devient diffus, et vous courrez le risque de devenir inattentif. Lorsque vous agissez de facon délibérée, votre intuition est enrayée, et si votre intuition est bloquée, comment l'esprit miroir pourrait-il se manifester ?




Lorsque vous laissez se manifester le Non-né, sans pensée, et sans action délibérée, alors vous n'êtes plus prisonnier d'un type d'action pré-établie. Lorsque vous agissez sans forme pré-établie, vous n'avez plus aucun adversaire sur tout le terrain, Lorsque vous ne vous raccrochez à rien, lorsque vous ne comptez sur rien pour vous protéger, il n'y a plus ni “Vous” ni “Ennemi”. Quoiqu'il arrive, vous réagissez simplement, sans laisser aucun sillage derrière vous. Le ciel et la terre sont grands, mais hors de l'esprit il n'est rien a chercher. Par contre, si vous tombez dans la délusion, alors la, c'est l'esprit qui devient votre adversaire. Hors de l'esprit, il n'est pas d'art du combat.



Traduit du livre en Anglais : Bankei Zen: Translations from the Record of Bankei




Bankei Yōtaku (盤珪永琢, 1622-1693), fils d'un Samurai Ronin devenu Docteur, était trés populaire et avait une grande audience. Il expliquait les choses directement, sans faire appel aux Sutras, Koans et rituels.

S'adressant à de grandes assemblées de moines et de laics de la même manière, il leur parlait de ce qu'il avait lui meme découvert à travers sa pratique personelle: "le Non-Né" ou "l'Esprit inné du Buddha".

Parce qu'il l'exprimait dans un langage simple, clair et direct que tout le monde pouvait comprendre, le Zen de Maitre Bankei est relativement simple et d'une clarté rafraichissante. Nul besoin d'être érudit, de vivre dans un monastere ou même d'être Bouddhiste pour effectivement être capable de le pratiquer.